Dystopies

Mécaniques citriques (3): de l'adaptation à l'exorcisation

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La polémique allait néanmoins être relancée de plus belle lors de la sortie de l’adaptation cinématographique de l’œuvre par Kubrick (la version méconnue de Warhol, Vinyl, 1965, relève plutôt de l’hommage, bien qu’elle annonce dans son traitement glacial et claustrophobe des motifs sadomasochistes inversés certains aspects de son célèbre successeur). Celle-ci sera, on le sait, accusée de tous bords par son esthétisation de la violence –que d’aucuns taxeront de «fasciste»- et sa misogynie.

Mécaniques citriques (2): de la déshumanisation à la déréliction métaphysique

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Au premier mouvement centré sur l’existence exubérante (une pure dépense bataillienne) de cette sous-culture future de la violence juvénile s’oppose l’autre pan de la réflexion burgessienne qui inverse les coordonnées de la panique morale mise en scène initialement. Trahi par sa bande qui trouve son élitisme insupportable, Alex se fait enfin arrêter par la police pour le meurtre de la Femme aux Chats (hommage parodique à la scène de Crime et Châtiment).

Mécaniques citriques (1): de la teensploitation à la carnavalisation

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À l’origine, un double traumatisme. Sa femme enceinte Lynne est tabassée et violée dans sa maison par quatre déserteurs GI pendant un blackout de Londres, en pleine Deuxième Guerre, tandis que Anthony Burgess est destiné à Gibraltar. Elle perd son enfant et subira des multiples complications suite au passage à tabac. Plusieurs années plus tard, Burgess est diagnostiqué d’une tumeur au cerveau que l’on dit incurable. On lui donne un an à vivre où il se met frénétiquement à écrire contre la montre.

«Bolchoï yarblokoss à vous tous»: un demi-siècle d'Orange Mécanique

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Un demi-siècle après sa sortie, le roman picaresque et dystopique de Anthony Burgess continue à hanter l'imaginaire collectif de la violence urbaine et du conditionnement neurobiologique. Splendidement adapté au grand écran par le grand imagier que fut Stanley Kubrick, le Voyage du Pèlerin de ce Candide perverti qu'est Alex (De Large) est devenu une sorte de mythe contemporain donnant à penser une série de contradictions qui nous fondent.

Remember, remember, the 5th of November — aux sources iconographiques de l’hacktivisme contemporain

Je ne me propose pas ici de faire une critique sauvage des membres d’Anonymous, j’aurais bien trop peur que mon ordinateur explose. Je ne voudrais pas non plus tourner en dérision l’emploi du masque de Guy Fawkes par les membres d’Occupy et autres Indignados, parce qu’il me semble se jouer là quelque chose de trop important pour le réduire, dans le rôle du vieux grincheux prématuré, à un effet de mode. Comme tout geek qui se respecte, cependant, je suis spontanément irrité lorsqu’une chose que je connais bien est recyclée à grande échelle par des gens qui, je le soupçonne, la connaissent moins bien que moi. C’est ce qu’on pourrait appeler le syndrome du t-shirt des Ramones.

Katniss Everdeen ou les ambiguïtés de la violence

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Dès la scène d’ouverture de Hunger Games, on va suivre l’héroïne, point focal, comme dans le roman, de notre perception de l’univers dystopique de Panem. Nous sommes au cœur de la pastorale américaine, sauf que les fermes des pionniers ancestraux sont désormais entourées de fils barbelés, commentaire déjà désenchanté sur le grand espace fondateur de la Nation.

Hunger Games, à l'ombre de la Grande Récession

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Écrit au cœur de la «Grande Récession» économique, Hunger Games (2008) éveille dès son titre le spectre du traumatisme qui le fonde, la paupérisation, voire tiers-mondisation de la «terre de l'opulence», «the land of plenty». Quatre ans après l'adaptation filmique s'inscrit toujours à l’ombre de cette angoisse, véritable retour du refoulé au sein du monde globalisé par l'hyperconsommation.

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