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    Des chansons, des écoutes, des lectures

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    Ce dossier trouve sa source dans le contexte paradoxal d’une édition particulièrement fructueuse et stimulante d’un cours sur la chanson, à l’hiver 2021, et de la suspension brutale du temps survenu aux premières semaines d’une pandémie dont personne n’avait alors soupçonné l’ampleur. Les travaux qu’il rassemble, très variés, ont néanmoins en commun d’avoir proposé des analyses qui mettaient en valeur l’apport des théories littéraires et de l’analyse de discours pour aborder l’étude des chansons contemporaines.

    "Just One More Thing": Les styles aberrants de Columbo

    Œuvre culte du premier âge d'or des séries télévisuelles, Columbo (W. Link et R. Levinson, 1971-8/ 1989-2003) prit délibérément le contrepied des principaux codes des fictions policières qui envahirent les petits écrans de la Guerre Froide. Contre le modèle hégémonique du «whodunit», elle paracheva la structure ironique de l´intrigue inversée (le lecteur connaît d'emblée le récit du crime, l'intérêt du récit d'enquête se déplaçant sur le comment de la reconstitution établie par l´enquête).

    Stephen King

    Roberto Parada, pour un article du Rolling Stones avec entrevue de King

    La réputation de Stephen King n’est plus à refaire. Figure de proue du milieu de l’horreur américaine, King est l’auteur de soixante-neuf romans et recueils de nouvelles (avec un soixante-dixième titre, The Outsider, à paraître en mai 2018) qui ont fait l’objet de plus de deux cents adaptations au cinéma et à la télévision. Parmi ses faits d’armes les plus populaires, on retrouve le sanglant bal de finissants de Carrie White (Carrie, 1974 pour le roman et 1976 pour le film de Brian de Palma), le sinistre séjour de la famille Torrance au Overlook Hotel (The Shining, 1977 pour le roman et 1980 pour le film de Stanley Kubrick) et la lutte héroïque du «Losers’ Club» contre Pennywise, le clown sanguinaire (It, 1986 pour le roman, 1990 pour la télésérie et 2017 pour la nouvelle adaptation au cinéma par Andy Muschietti).

    Depuis plus de quarante ans, King s’acharne à séduire et épouvanter les masses avec ses histoires inquiétantes, et ce avec succès. La plupart de ses titres ont fait partie des «best-sellers» du New York Times, et même si les temps changent, et la littérature aussi, les fidèles lectrices et lecteurs de King («constant readers», pour reprendre son expression) en redemandent. Les cinéphiles et téléspectateurs aussi. L’année 2017 a vu naître une nouvelle adaptation du roman It, un premier volet cinématographique pour la série The Dark Tower, une télésérie pour la trilogie Mr Mercedes, ainsi qu’un «Netflix feature» pour Gerald’s Game et la novella «1922». Les adaptations foisonnent, et il ne fait aucun doute que l’œuvre de King, si vaste et variée puisse-t-elle être, demeure au goût du jour.

    Au milieu de tout ce foisonnement littéraire et artistique, un groupe de «constant readers» s’est donné comme mission de monter un dossier Pop-en-Stock consacré à l’imaginaire Stephen King. Au terme de maintes nuits blanches passées à s’épouvanter des monstres kingiens, voici leurs articles, explorant sans peur les recoins sombres et inquiétants de cette œuvre monumentale.

    Renaissance des super-héros

    Le multivers superhéroïque est en pleine ébullition, travaillé par deux logiques au premier abord antinomiques, mais peut-être complémentaires. D’un côté, depuis le double choc de The Dark Knight Returns de Frank Miller (1986) et Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons (1987), on assiste à un véritable «crépuscule des idoles» nietzschéen qui n’en finit plus de décliner la ruine du superhéroïsme classique et son idéologie naïvement impérialiste, tel qu’étudié dans notre copieux dossier Crépuscule des superhéros. Mais de l’autre, nous assistons à une véritable refondation du mythe originaire, notamment dans d’autres médias, le triomphe le plus spectaculaire de la figure venant, depuis le tournant du millénaire, des blockbusters cinématographiques.

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