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    "Just One More Thing": Les styles aberrants de Columbo

    Œuvre culte du premier âge d'or des séries télévisuelles, Columbo (W. Link et R. Levinson, 1971-8/ 1989-2003) prit délibérément le contrepied des principaux codes des fictions policières qui envahirent les petits écrans de la Guerre Froide. Contre le modèle hégémonique du «whodunit», elle paracheva la structure ironique de l´intrigue inversée (le lecteur connaît d'emblée le récit du crime, l'intérêt du récit d'enquête se déplaçant sur le comment de la reconstitution établie par l´enquête).

    Stephen King

    Roberto Parada, pour un article du Rolling Stones avec entrevue de King

    La réputation de Stephen King n’est plus à refaire. Figure de proue du milieu de l’horreur américaine, King est l’auteur de soixante-neuf romans et recueils de nouvelles (avec un soixante-dixième titre, The Outsider, à paraître en mai 2018) qui ont fait l’objet de plus de deux cents adaptations au cinéma et à la télévision. Parmi ses faits d’armes les plus populaires, on retrouve le sanglant bal de finissants de Carrie White (Carrie, 1974 pour le roman et 1976 pour le film de Brian de Palma), le sinistre séjour de la famille Torrance au Overlook Hotel (The Shining, 1977 pour le roman et 1980 pour le film de Stanley Kubrick) et la lutte héroïque du «Losers’ Club» contre Pennywise, le clown sanguinaire (It, 1986 pour le roman, 1990 pour la télésérie et 2017 pour la nouvelle adaptation au cinéma par Andy Muschietti).

    Depuis plus de quarante ans, King s’acharne à séduire et épouvanter les masses avec ses histoires inquiétantes, et ce avec succès. La plupart de ses titres ont fait partie des «best-sellers» du New York Times, et même si les temps changent, et la littérature aussi, les fidèles lectrices et lecteurs de King («constant readers», pour reprendre son expression) en redemandent. Les cinéphiles et téléspectateurs aussi. L’année 2017 a vu naître une nouvelle adaptation du roman It, un premier volet cinématographique pour la série The Dark Tower, une télésérie pour la trilogie Mr Mercedes, ainsi qu’un «Netflix feature» pour Gerald’s Game et la novella «1922». Les adaptations foisonnent, et il ne fait aucun doute que l’œuvre de King, si vaste et variée puisse-t-elle être, demeure au goût du jour.

    Au milieu de tout ce foisonnement littéraire et artistique, un groupe de «constant readers» s’est donné comme mission de monter un dossier Pop-en-Stock consacré à l’imaginaire Stephen King. Au terme de maintes nuits blanches passées à s’épouvanter des monstres kingiens, voici leurs articles, explorant sans peur les recoins sombres et inquiétants de cette œuvre monumentale.

    Renaissance des super-héros

    Le multivers superhéroïque est en pleine ébullition, travaillé par deux logiques au premier abord antinomiques, mais peut-être complémentaires. D’un côté, depuis le double choc de The Dark Knight Returns de Frank Miller (1986) et Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons (1987), on assiste à un véritable «crépuscule des idoles» nietzschéen qui n’en finit plus de décliner la ruine du superhéroïsme classique et son idéologie naïvement impérialiste, tel qu’étudié dans notre copieux dossier Crépuscule des superhéros. Mais de l’autre, nous assistons à une véritable refondation du mythe originaire, notamment dans d’autres médias, le triomphe le plus spectaculaire de la figure venant, depuis le tournant du millénaire, des blockbusters cinématographiques.

    Femmes ingouvernables: (re)penser l'irrévérence féminine dans l'imaginaire contemporain

    Directeur(s): 

    Ce dossier se propose de réfléchir sur la multiplicité des figurations de femmes ingouvernables au sein de la culture populaire contemporaine. Qu’elle soit guerrière (Xena, Hit Girl), sorcière (Maleficient, Melisandre), superhéroïne (Black Widow), détective (Jessica Jones), travailleuse du sexe (Ovidie), femme artiste (Gaga, Cyrus), lutteuse (Ronda, Chyna) ou encore criminelle (Aileen Wuornos), l’irrévérencieuse infiltre à l’heure actuelle tous les médiums et médias populaires; littérature, cinéma, télévision, bande dessinée, jeu vidéo, arts du spectacle et visuels. C’est donc à travers un prisme multidisciplinaire que nous avons invités nos collaboratrices et collaborateurs à réfléchir aux implications idéologiques, aux questionnements et aux problématiques que soulèvent les représentations de femmes ingouvernables aujourd’hui. Par conséquent, les pistes de réflexion que nous vous proposons à titre de muses intellectuelles ne représentent qu’une infime parcelle des innombrables possibilités.

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    Pop culture japonaise

    Directeur(s): 

    Les références à la pop culture japonaise se retrouvent à différents plans de la société nippone, notamment à travers une utilisation omniprésente de l’image dessinée. Nous pouvons la constater, entre autres, sur les emballages des produits de consommation journalière (alimentaires, ustensiles, ménagers, de beauté, etc.). Les commerces bénéficient aussi d’une imagerie spécifique selon le domaine. [...] Certaines icônes fictionnelles de la culture populaire comme Doraemon, Hello Kitty ou Pikachu obtiennent le statut officiel d’ambassadeurs du Japon et ont pour mission de promouvoir le «soft power» de la pop culture japonaise à travers le monde par le biais du programme gouvernemental initié en 2002: «Cool Japan».

    Héros et vilains

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    Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll est une histoire qui, en plus de nous avoir exposés à un imaginaire incomparable, propose une dynamique bien intéressante entre la protagoniste et son antagoniste. C’est en observant cette relation dans les années 70 qu’a été proposée une théorie nommée le Red Queen Hypothesis. Ce principe dicte qu’un organisme doit être en évolution continue, en développement perpétuel, afin de pouvoir survivre aux pressions de l’extérieur: “Now, here, you see, it takes all the running you can do, to keep in the same place” pour citer la reine elle-même. Ainsi, les organismes doivent incessamment se dépasser afin de simplement rester dans la course. Cette théorie fut utilisée par plusieurs pour expliquer des dynamiques sociopolitiques comme la course à l’armement, mais peut aussi être utile quand vient le temps d’aborder des personnages de l’imaginaire, surtout dans le cas de lectures sérielles qui carburent à l’innovation, question de conserver l’intérêt envers leurs personnages.

    Il nous apparaît alors propice d’utiliser The Red Queen Hypothesis pour expliquer la dynamique intrinsèque entre le Héros et le Vilain et ainsi ouvrir la porte vers une plus grande réflexion sur les accords tacites qui subsistent entre ces deux actants de l’aventure. Le Héros et le Vilain existent l’un pour l’autre, car sans la présence de leur opposant, on risque aisément d’oublier son objectif, ou sa fonction. Le Héros doit être vu comme moteur du récit, mais rien ne peut avancer sans la présence du Vilain. Cette relation intime qui existe entre le bien et le mal, la lumière et la noirceur nous permet de mieux comprendre la compétition cataclysmique entre Batman/Joker, Holmes/Moriarty ou Carrie Bradshaw/Big. Cette hypothèse nous permet de croire qu’il existe une interdépendance entre le héros et le vilain et que l’un ne justifierait pas sa présence sans l’existence de l’autre.

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