L'influence de la Nazisploitation dans l’œuvre d'Alain Robbe-Grillet

L'influence de la Nazisploitation dans l’œuvre d'Alain Robbe-Grillet

Soumis par Fabien Demangeot le 18/01/2017

 

Chez Robbe-Grillet, le fantasme sexuel transite toujours par l’intermédiaire d’un cadre autoritariste artificiel, que l'on songe à la prison religieuse de Glissements  progressifs du plaisirs, à l'intérieur de laquelle sont châtiées, dans des mises en scène dignes de l'inquisition, des jeunes filles faussement ingénues, ou encore aux souterrains et autres temples mystérieux de Souvenirs du triangle d'or et de C'est Gradiva qui vous appelle. Ce type de scénarisation fait partie intégrante de l'imagerie sadomasochiste. Il contribue même, pour reprendre les propos tenus par Philippe Rigaut, dans Le Fétichisme- Perversion ou culture?, à l'identification d'un groupe:

Le goût de la discipline et des traitements sévères, le sens du rituel, aux frontières du mysticisme, certains éléments stylistiques, tenues vestimentaires ou contenus scénaristiques, peuvent en effet suggérer l’existence d’une relation forte entre ce type de pratiques sexuelles et des convictions politiques de type autoritariste, martial, ou simplement réactionnaire. Le film de Liliana Cavani Portier de nuit, celui de Pasolini, Salo ou les 120 journées de Sodome, ont sans doute beaucoup contribué à la construction de ce type de représentation. Il est parfaitement exact que les mises en scènes disciplinaires et les symboles militaires, et notamment ceux évoquant explicitement le régime nazi, appartiennent au bagage stylistique SM. Cependant, cette présence n’autorise pas de généralisation trop hâtive dans la mesure où il est sans doute question davantage d’un jeu de subversion des valeurs, d’un habillage symbolique, que d’une réelle adhésion idéologique. (Rigaut: 106-107)

Dans La Reprise, l'avant-dernier roman de Robbe-Grillet paru en 2001, l’esthétique SM est fortement marquée par l’imaginaire nazi. Les uniformes et les salles d’interrogatoire permettent la création d'un cadre fantasmatique à l'intérieur duquel toutes les perversions semblent possibles. On trouvait déjà ce même type d’imagerie dans Le Roi des Aulnes de Michel Tournier, à travers la fascination trouble du personnage d’Abel Tiffauges pour l’univers des camps:

Les grands qu’on envoie la semaine prochaine à l’égorgeoir font leur mise en train sur le glacis. Ils sont bottés, culottés, mais torses nus dans l’air piquant du petit matin. Stefan qui veut allier l’exercice de force au mouvement d’ensemble a imaginé de les faire jongler avec des poutres. Chaque poutre  longue d’une dizaine de mètres est portée à bout de bras par une section de douze hommes. (Tournier: 290)

Dans le roman de Tournier, comme chez Sade, mais aussi Robbe-Grillet, le corps des victimes est toujours magnifié. La fascination d’Abel Tiffauge pour les jeunes enfants  recrutés par le troisième Reich, teinte d’ailleurs de pédophilie la fantasmatique sexuelle de l’œuvre. Chez Robbe-Grillet, la thématique pédophile est  abordée avec plus de complaisance. Depuis Le Voyeur, les fillettes de ses romans ont toujours présenté une sexualité exacerbée. Cependant, le voile de pudeur que l’on trouve dans Le Roi des Aulnes de Michel Tournier n’empêche pas l’installation d’un malaise durable infiniment supérieur à celui véhiculé par les œuvres, aux contenus beaucoup plus explicites, du pape du Nouveau Roman. Cet érotisme trouble est aussi celui des Bienveillantes de Jonathan Littell, prix Goncourt de l’année 2006. Le narrateur, un ancien SS, y décrit avec exhaustivité les vices cachés de ses contemporains:

Je contemplai avec curiosité cet homme si rigide et consciencieux qui habillait ses enfants avec les vêtements d’enfants juifs tués sous sa responsabilité. Y pensait-il en les regardant? Sans doute l’idée ne lui venait même pas à l’esprit. Sa femme lui tenait le coude et poussait des éclats de rire cassants, aigus. Je la regardai et songeai à son con, sous sa robe, nichée dans la culotte en dentelle d’une jeune et jolie juive gazée par son mari. La Juivesse était depuis longtemps brûlée avec son con à elle partie en fumée rejoindre les nuages; sa culotte de prix, qu’elle avait peut-être spécialement mise pour la déportation, ornait et protégeait le con de Hedwig Höss. Est-ce que Höss pensait à cette juive, lorsqu’il retirait sa culotte pour honorer sa femme? (Littell: 896-897)

Dans La Reprise, la fantasmatique nazie ne renvoie pas à une quelconque réalité historique. Le cadre de l’après-guerre n’est qu’un simple décor dont l’artificialité n’a rien à envier à l’orientalisme des saynètes de C’est Gradiva qui vous appelle. Le Roi des aulnes et Les Bienveillantes se placent, au contraire, dans un contexte historique déterminé. Le nazisme n’y est pas une simple toile de fond fantasmatique. La notion d’historicité, primordiale chez Tournier et Littell, est totalement absente de l’œuvre de Robbe-Grillet. Les nazis de La Reprise ne sont que des archétypes paralittéraires au même titre que les esclaves chrétiennes de Souvenirs du triangle d’or. Quant aux salles d’interrogatoire dans lesquelles évoluent les personnages, elles évoquent l’univers des donjons SM. Tous les acteurs de la fiction, dominants comme dominés, y interprètent une partition digne d'un mauvais film érotique de série. Face à des bourreaux aux physiques effrayants, Gigi, l’héroïne de La Reprise, surjoue le personnage stéréotypé de la jeune et jolie victime:

D’ailleurs, sitôt franchi le poste militaire, notre intrépide prisonnière est sortie de son hébétude momentanée, s’agitant de nouveau pour tenter d’apercevoir quelque chose à travers les vitres sales, espérant sans doute reconnaître dans la nuit noire, sous un éclairage urbain presque inexistant, le chemin qu’empruntait l’automobile. Pour tout dire, elle sabotait mon plan de campagne. Ce que je cherchais avant tout, c’était à lui faire horriblement peur. Or elle avait plutôt l’air de s’amuser, devenue grâce à nous l’héroïne d’une bande dessinée pour adultes. (Robbe-Grillet: 132)

Le climat inquiétant d’après-guerre de La Reprise rappelle également Europa de Lars Von Trier. Dans ce film, dont l’action se déroule dans une Allemagne dévastée, des nazis cherchent à faire régner la terreur en contraignant Léopold Kessler, le personnage interprété par Jean-Marc Barr, à placer une bombe sous un train de voyageurs. Ces deux œuvres présentent des villes en ruines devenues le terrain de jeux inquiétant de personnages monstrueux. Cependant, contrairement au célèbre réalisateur danois, Robbe-Grillet transforme ce monde morcelé en théâtre pour adultes, comme l’attestent notamment la série de sévices sexuels subis par la jeune Gigi:

Nos assistantes policières étaient demeurées présentes, un peu à l’écart, attendant que l’on ait à nouveau besoin d’elles. Sur un signe que j’ai fait, l’une s’est approchée de la coupable, tenant dans sa main droite un fouet de cuir dont la fine lanière souple bien qu’assez ferme, termine une extrémité rigide, facile à manier. J’ai indiqué par trois doigts tendus le degré de la punition méritée. Avec une adresse de dompteuse, l’exécutrice a aussitôt appliqué sur les fesses un peu entrouvertes pour la posture, trois cinglons secs et précis, assez espacés l’un de l’autre. (Robbe-Grillet: 144)

Les mises en scène carcérales de La Reprise renvoient à toute une série de films érotiques des années 70 connue sous l’appellation de Nazisploitation. Il s’agit de longs métrages se déroulant dans des camps de concentration ou des maisons closes pour SS et présentant des scènes de tortures sexuelles analogues à celles que l’on trouve dans l’œuvre du «nouveau romancier». Dans ce type de films, les personnages féminins sont perpétuellement violés et torturés. Si dans certaines œuvres, telles que Nathalie rescapée de l’enfer et Train spécial pour SS, les scènes sadomasochistes sont aussi aseptisées que celles de l’Histoire d’O de Just Jaeckin, d’autres productions, beaucoup plus violentes, flirtent avec le gore grand-guignolesque. C’est notamment le cas de S.S. Extermination Love Camp de Bruno Mattei dans lequel un officier SS sadique utilise des prisonnières comme cobayes pour ses expériences contre nature. L’imaginaire pervers de ce type de films semble n’avoir aucune limite. Ainsi, on retrouve dans S.S Extermination Love Camp toutes sortes de fantasmes plus ou moins sadiques, même si un érotisme saphique, proche de celui des œuvres de David Hamilton, prend parfois le dessus sur la barbarie. Les représentations fantasmatiques que l’on retrouve dans l’ensemble de l’œuvre de Robbe-Grillet empruntent énormément à ce sous-genre cinématographique. Certains de ses romans, écrits avant même l'apparition du nazi porn, leur font d'ailleurs étrangement écho. C'est notamment le cas de La Maison de rendez-vous, roman datant de 1965, dans lequel le cruel Johnson, qui n'est pas sans évoquer les médecins nazis des films de la Nazisploitation, utilise le corps de la jeune Kito à des fins scientifiques pour le moins obscures:

Le goût de la discipline et des traitements sévères, le sens du rituel, aux frontières du mysticisme, certains éléments stylistiques, tenues vestimentaires ou contenus scénaristiques, peuvent en effet suggérer l’existence d’une relation forte entre ce type de pratiques sexuelles et des convictions politiques de type autoritariste, martial, ou simplement réactionnaire. Le film de Liliana Cavani Portier de nuit, celui de Pasolini, Salo ou les 120 journées de Sodome, ont sans doute beaucoup contribué à la construction de ce type de représentation. Il est parfaitement exact que les mises en scènes disciplinaires et les symboles militaires, et notamment ceux évoquant explicitement le régime nazi, appartiennent au bagage stylistique SM. Cependant, cette présence n’autorise pas de généralisation trop hâtive dans la mesure où il est sans doute question davantage d’un jeu de subversion des valeurs, d’un habillage symbolique, que d’une réelle adhésion idéologique. (Rigaut: 106-107)

Dans Projet pour une révolution à New York, les expérimentations du monstrueux docteur M évoquent les tortures infligées aux jeunes captives des camps de la mort. Cet imaginaire pervers est celui des nazi-movies qui aiment mettre en exergue l’horreur d’hôpitaux SS à l’intérieur desquels des pseudo-scientifiques se livrent à des expériences étranges sur des prisonnières encore en vie:

-Je vois que vous avez mal suivi mes explications: c’était un autre jour, un autre médecin et une autre victime. L’insémination contre nature a été opérée, non par le docteur Morgan, mais par un certain docteur M. (Robbe-Grillet: 190)

S’il est question, dans Projet pour une révolution à New York, d’insémination artificielle contre nature, des films comme SS camp 5 ou La peur au ventre présentent des jeunes filles brûlées vives ou forcées à copuler avec des cadavres. Ce type de monstruosité fait également partie de l’imaginaire du splatter, sous-catégorie de films gore japonais, dans lequel de très jeunes femmes sont victimes de toutes sortes de sévices corporels. Dans son article «Cauchemars roses: le boom multimédia de l’horreur», Alessandro Gomarasca évoque le cas particulier de la série des Guinea Pigs qui, entre 1989 et 1991, défraya la chronique au Japon et aux États-Unis:

La première vidéo montre trois hommes qui s’acharnent sur une femme: ils la torturent, la démembrent, l’éventrent, la réveillent en la fouettant avec ses propres boyaux lorsqu’elle s’évanouit et enfin lui transpercent un œil à l’aide d’un pic à glace. Un petit compteur digital dans l’angle de l’écran signale le nombre de coups reçus par la victime et la température de l’huile bouillante versée sur ses blessures.(Gomarasca: 139)

Ces atrocités sont aussi présentes chez Robbe-Grillet, même si l’ironie de l’écrivain met régulièrement à distance la cruauté des tortures infligées aux jeunes captives de ses œuvres. Dans Projet pour une révolution à New York, le mannequin supplicié se métamorphose en femme, ce qui déréalise complètement la représentation sadique. La monstruosité devient un objet esthétique, une œuvre d’art en mouvement à l’image de ce mannequin fantasmatique à l’apparence changeante:

Un mannequin déshabillé, fait d’une matière élastique couleur chair, y repose sur le dos, les membres écartelés en croix de saint André, une splendide chevelure rousse répandue en soleil encadrant son visage de poupée laiteuse aux grands yeux verts étonnés. […] J’identifie sans peine cette belle créature rousse comme étant JR en personne, qui vient d’être condamnée à titre d’ultime menace pour vaincre la lenteur fiscale de son vieil amant.(Robbe-Grillet: 176)

On trouvait déjà chez Sade, notamment dans Les 120 journées de Sodome, ce même type d’expérimentation. Les œuvres de Robbe-Grillet, comme les films de la Nazisploitation, s’inspirent clairement du modèle sadien comme l’atteste la barbarie extrême des récits de la Martaine:

131. Fais avorter à huit mois, au moyen d’un breuvage qui fait pondre à l’instant à la femme son enfant mort. D’autres fois, il détermine un accouchement par le trou du cul, mais l’enfant sort sans vie et la mère risque la vie. (Sade: 402)

Cette frénésie sexuelle propre à l’univers sadien, évoquée par Georges Bataille dans La littérature et le mal, semble rendre compte de l’imaginaire pervers des derniers romans de Robbe-Grillet, notamment du sulfureux Un Roman sentimental. Comme on a pu s’en rendre compte, la fantasmatique sexuelle de Robbe-Grillet, tout comme celle du divin marquis, reste extrêmement  stéréotypée. Il y a les bourreaux d’un côté et les victimes de l’autre et chacun doit jouer son rôle  avec le plus de rigueur possible. C’est aussi pour cette raison que les pervers atteignent un degré de monstruosité aussi extrême. Ils incarnent des personnages de série Z aussi grotesques que terrifiants. Dans La Reprise, l’accoutrement des tortionnaires de la jeune Gigi est si stylisé qu’il en devient ridicule. La mise en scène qui précède son interrogatoire est digne d’un mauvais film érotique. Les bourreaux surjouent des personnages déjà caricaturaux. Tout, de leur apparence à leur manière d’être, sonne faux:

Au point de passage (le pont sur la Spree conduisant vers la Warschauerstrasse), il a exhibé avec assurance un ordre d’internement dans un hôpital psychiatrique de Lichtenberg qui dépendait du Narodny Kommisariat. Le factionnaire, impressionné par sa barbiche à la Lénine et ses étroites lunettes d’acier, en plus des multiples tampons officiels apposés sur le document, a jeté pour la forme un rapide coup d’œil à notre jeune captive, que deux Serbes        en costumes d’infirmiers maintenaient d’une poigne virile, sans grand mal. Tous les hommes ont montré des laissez-passer soviétiques en règle. L’adolescente avait pris le parti de sourire, d’un air perdu qui convenait admirablement au scénario. (Robbe-Grillet: 131-132)

Cette artificialité revendiquée est bien celle des films de la Nazisploitation. Dans ce type de longs métrages, d'une qualité frôlant souvent l'amateurisme, les nazis sont toujours présentés comme des monstres pervers et assoiffés de sang. Ce sont des personnages de Sade déguisés en officiers SS. Ils n’ont donc du nazi que l’accoutrement vestimentaire, à l’image d’Ilsa, la commandante SS du film Ilsa, la louve des SS de Don Edmonds. Ce personnage aux formes plantureuses, interprété par Dyanne Thorne, ancienne actrice dans des productions érotiques de seconde zone, semble sortir tout droit d’une bande dessinée pour adultes. Évoquant les femmes à la poitrine opulente des films de Russ Meyer, Ilsa est une sadique sans limites, à l'image de Gigi, la jeune héroïne d’Un Roman sentimental:

Elle enfonce donc profondément son aiguille en plusieurs points très douloureux, la retirant ensuite à chaque fois: dans les aines, le pubis, les aisselles, la taille, les hanches… La petite fille est secouée par les convulsions d’une souffrance si aiguë que sa vulve saigne à flots. Gigi calme ses soubresauts incohérents avec deux gifles si bien appliquées que l’enfant suffoque et en demeure comme anéantie. Il faut, pour la réveiller, reprendre les perforations à travers tout le corps, dans les mêmes gémissements voluptueux et un jaillissement renouvelé de sang clair, qui s’écoule maintenant à l’intérieur de ses cuisses. (Robbe-Grillet: 154-155)

Le mythe de la femme phallique est parfaitement incarné par cet archétype paralittéraire. Cette imagerie se retrouve également dans des œuvres moins licencieuses telles que Le liseur de Bernhard Schlink. En effet, Michaël, le narrateur du roman de Schlink, transforme Hanna, son ancienne maîtresse accusée de crime contre l’humanité, en dominatrice sadomasochiste proche, dans son accoutrement comme dans son attitude, de la figure d’Ilsa, la louve SS du film de Don Edmonds:

Quelquefois ce sont des tas de déportés au rassemblement, ou qui courent dans un sens ou dans l’autre, ou se mettent en rang, ou marchent au pas, et Hanna est là au milieu d’elles et crie des ordres, le visage déformé en une grimace affreuse, et sa cravache accélère l’exécution des ordres. […] Je savais que ces images fantasmatiques étaient des pauvres clichés. Elles étaient loin de rendre compte d’Hanna telle que je l’avais connue et telle que je la voyais.(Schlink: 166-167)

Dans la fantasmatique sexuelle du nazi porn, les femmes, même les plus cruelles et perverses, sont toujours dominées par un homme. Ainsi, Ilsa se retrouvera soumise à l’un des prisonniers américains avec lequel elle a eu une liaison. Dans l’œuvre robbe-grillétienne, les dominatrices sont également appelées à devenir des victimes. Tour à tour sadiques et masochistes, elles interprètent une double partition même si, comme dans le nazi porn, genre misogyne par excellence, elles finissent toujours par se plier aux caprices des hommes.

 

Bibliographie 

Gomarasca, Alessandro, 2002. «Cauchemars roses: le boom multimédia de l'horreur». In Alessandro Gomarasca (dir.), Poupée, Robots, la culture pop japonaise, Paris: Les éditions du Louvre, pp.135-159.

Littell, Jonathan, 2006. Les Bienveillantes, Paris: Gallimard, 1408p.

Rigaut, Philippe, 2004. Le Fétichisme-Perversion ou culture?, Paris: Belin, 175p.

Robbe-Grillet, Alain. 1965. La Maison de rendez-vous, Paris: Minuit, 215p.

Robbe-Grillet, Alain, 1970. Projet pour une révolution à New York, Paris: Minuit, 214p.

Robbe-Grillet, Alain, 2001. La Reprise, Paris: Minuit, 256p.

Robbe-Grillet, Alain, 2007. Un Roman sentimental, Paris: Fayard, 252p.

Sade, 1975 (1785). Les 120 journées de Sodome, Paris: 10/18, 450p.

Schlink,  Bernhard, 1999. Le liseur, Paris: Gallimard, 249p.

Tournier, Michel, 1970. Le Roi des Aulnes, Paris: Gallimard, 395p.