Directeur: 
Samuel Archibald
Directeur: 
Bernard Perron

Dans le cadre de l’esthétique contemporaine du cadavre, peu de phénomènes ont semblé plus marquants, depuis Night of the Living Dead (G. A. Romero, 1968) que la surenchère transmédiatique et véritablement planétaire des morts-vivants. Si les années 90 ont été caractérisées par une sorte de «mort», ou à tout le moins de «stase», du zombie au cinéma, la créature, fidèle à elle-même, est réapparue de plus belle au tournant du nouveau millénaire et a maintenant envahi divers recoins de notre iconosphère globale.

Symptomatiquement, c’est un nouveau média, le jeu vidéo, qui a opéré la renaissance de cette figure jamais entièrement intégrée à la tradition littéraire gothique. L’apparition en 1996 de The House of the Dead et de Resident Evil a signé le retour en force de la créature qui a fini par recontaminer le grand écran. Aux lendemains du traumatisme du 11 septembre 2001 et à l’ombre de la pandémie du SRAS, une véritable « zombie-manie » a débuté. Si la Zombie Movie Database (ZMDB) dénombre plus d’une centaine de films entre 2002 et 2009, plus d’une vingtaine de productions sont prévues pour la seule année 2012.

Dans le sillage du Zombie Survival Guide de M. Brooks (2003), une curieuse «littérature zombie» émerge alors qui triomphe dans l’étonnant best-seller de S. Grahame-Smith qui zombifie littéralement l’œuvre canonique de Jane Austen (Pride and Prejudice and Zombies, 2009). À son tour envahie par la nouvelle vague, la bande dessinée, médium qui avait jadis été essentiel dans la mutation mythopoétique vers le zombie moderne, se lance à partir de la saga de R. Kirkman The Walking Dead (2003-) dans une frénésie zombiephile inouïe qui à son tour alimente l’autre grand média postmoderne, la télévision. On assiste aussi à une pléthore d’études critiques sur cette figure jusque-là relativement dédaignée par l’institution universitaire.

Face à une telle invasion, et en syntonie avec la prolifération de « zombie studies», le temps est venu de s’attaquer de front aux morts-vivants, et d’en brosser un portrait historique et critique l’inscrivant aux sources mêmes d’un imaginaire horrifique postcolonial.

 

 

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L'Inquiétante étrangeté: stratégies narratives et visuelles dans [·REC]

Grâce à Internet, The Blair Witch Project a mené une campagne de publicité qui inscrivait le film dans la réalité en répandant la rumeur de la véracité de l'enregistrement. À sa suite, la tendance s'est répandue chez des réalisateurs comme Matt Reeves ainsi que Paco Plaza et Jaume Balagueró en Espagne qui utilisent l'avènement de la caméra numérique personnelle pour ancrer leurs créations dans le réel quotidien :

XXXombies, chroniques de la zombietude sexuelle (1)

            Les zombies et les revenants font depuis très longtemps partie de notre imaginaire collectif. L’homme parlait, même avant l’Antiquité, du retour des morts dans le monde des vivants. Parfois appréciés, mais souvent craints, ces personnages ont nourri littérature et les esprits de ceux qui voulaient bien y croire de croyances et d’histoires variées. Il est patent que ces êtres non vivants, à l’instar de leurs cousins vampires, connaissent, depuis quelques décennies, un retour en popularité.

Moitié zombie, moitié paléontologue

La paléontologie est la science qui étudie les fossiles. Autrement dit, elle s’intéresse dans le présent, à ce qui un jour a été vivant, mais ne l’est plus. Parmi ceux dont le nom est souvent associé à cette discipline, la contribution d’un des fondateurs de la science préhistorique, le Français Jacques Boucher de Perthes est digne d’être rappelée[1]. Grâce à son travail et à ses découvertes, l’existence de l’homme à une époque largement antérieure à celle admise jusque là a pu être attestée.