Morts et résurrections : Les livres de Batman (2)

Morts et résurrections : Les livres de Batman (2)

Soumis par Camille Baurin le 01/10/2012

 

La reconstruction par le livre

The Return of Bruce Wayne constitue un travail de la reconstitution, réponse directe au précédent story-arc de Grant Morrison. Le titre de cette œuvre est d’emblée paradoxal, mettant en avant l’identité civile du justicier et non pas son alter ego, comme il est habituel dans le comic de super-héros. Cela peut s’expliquer par le fait que, dans le présent diégétique, c’est Dick Grayson, ancien Robin, qui a repris le costume de Batman, laissant supposer que le héros continue d’exister, quel que soit l’individu qui en porte le masque. Mais mettre Bruce Wayne au premier plan permet également d’affirmer l’individu et de raconter l’histoire d’avant Batman, celle qui en amont a donné naissance à l’idée même de cet avatar. The Return of Bruce Wayne est non seulement l’histoire de la constitution d’un mythe superhéroïque, mais aussi le récit de la reconstruction d’un homme passé pour mort. Bruce Wayne va traverser à chacun des six épisodes de la série une nouvelle époque: après avoir atterri dans la préhistoire, il se retrouve immergé en pleine époque coloniale où il tentera de protéger une femme accusée de sorcellerie. Par la suite, il est confronté au Barbe Noire du 17e siècle, dans une histoire qui reprend les motifs typiques du récit de pirate, puis ensuite à Jonah Hex, cow-boy du 19e siècle. Il est transporté dans le cinquième épisode à la fin des années 1930, juste après le meurtre de ses parents. Enfin, dans le dernier épisode, il retourne dans le présent ou, plus exactement, dans «l’Espace B» où il réaffirme la puissance de l’idée Batman.

Si le héros voyage dans le temps, il demeure cependant toujours au même endroit, au sortir de ce qui sera plus tard la Batcave, dans une Gotham City que l’on voit progressivement se construire, de la tribu d’hommes préhistoriques à la métropole urbaine du 20e siècle, en passant par son état de colonie. Bruce Wayne, amnésique, prend peu à peu conscience de sa malédiction d’être transporté d’une époque à une autre, sans pourtant se rappeler des aventures qu’il vit au fur et à mesure. Aussi décide-t-il de laisser des indices qui seront aussi bien des preuves de son évolution à travers les âges que des motifs préparant la création de Batman. Pour ce faire, il rédige un livre qui se transmet de génération et génération et qui est destiné à retourner à son propriétaire à la fin de la série. Enfermées dans une boîte marquée du symbole de la chauve-souris, ces chroniques s’agrémentent du récit couché sur le papier des divers personnages que le futur héros a croisés lors de son voyage dans le temps. Ce n’est qu’au 20e siècle, alors qu’il se rapproche de plus en plus de sa vérité et de son être, que Bruce Wayne réussira à décrypter cet ouvrage qu’il a oublié (Ill.7):

The book that saved my miserable life was a journal, written by a pilgrim witch finder name of Mordecai in 1640. Except it had to be a fake. The paper was crumbling, for sure, but Mordecai’s handwriting was modern, just like the way he put words together. I could almost feel my entire body heat drain out through the soles of my feet when I figured out why there was  something familiar about what I was reading. The handwriting was mine.1

Batman: The Return of Bruce Wayne #5

Batman: The Return of Bruce Wayne #5, par Grant Morrison

La mise en abyme trouve ici une nouvelle incarnation. Elle est la preuve du souvenir, l’affirmation de la pensée contre l’amnésie et la perte de conscience. Le livre est alors l’exact opposé des Dossiers Noirs de «Batman R.I.P.» en ce qu’il constitue la preuve de la raison, là où les seconds imposaient le doute, la perméabilité des frontières entre réalité et hallucination. Le livre devient alors l’affirmation de Batman et, par là, de l’histoire du genre superhéroïque. Le retour de Bruce Wayne s’opère en effet par une réexploration des genres narratifs qui ont inspiré les créateurs de Batman. Ainsi, dans chacun de ces épisodes, le personnage revêt différents costumes qui apparaissent comme autant de dessins préparatoires de sa future apparence (Ill.8). Du récit de pirates au western en passant par le polar noir, The Return of Bruce Wayne permet de revenir à l’hybridité narrative et la plasticité originelle du superhéros.

Batman Universe Extra T1

Batman Universe Extra T1.

Batman: The Return of Bruce Wayne

Batman: The Return of Bruce Wayne, par Grant Morrison

Parallèlement, Grant Morrison transforme Batman en objet rétrospectif de culte. Lorsque le héros apparaît dans la préhistoire, il sauve une tribu baptisée les «Miaganis», le peuple chauve-souris. Cette dernière voit rapidement dans l’intervention du héros le symbole même de leur civilisation, l’image idéale du guerrier qu’il s’agit de faire perdurer au fil des âges. Bruce Wayne recroisera à plusieurs reprises les vestiges de cet ancien peuple, ainsi que les preuves d’adoration dont il fut l’objet. Retournant sans cesse avec lui dans la grotte qui a vu sa première apparition, le lecteur se rendra vite compte que ce peuple a trouvé refuge dans ce qui sera plus tard la Batcave. Autre conséquence du mythe, ce culte permet d’expliquer les différentes versions de lui-même qu’a croisées Batman au fil de ses aventures. Le surnom que lui donnent les Miaganis, «Man-of-Bats», est par exemple une réminiscence d’un individu que le héros a croisé en 1954 dans Batman n°86: se faisant appeler du même nom, le personnage était alors une forme de version amérindienne du justicier. Le premier épisode de The Return of Bruce Wayne semble justifier rétrospectivement, quelque soixante ans plus tard, l’existence de cet individu. Cet exemple permet de montrer comment l’intertextualité a ici une valeur explicative qui rend compte de la longévité de Batman et de son folklore. De plus, Morrison apporte une pierre à l’édifice en soulignant l’idée que le son d’une cloche fera naître le choix de l’animal totémique du héros, permettant alors de réexplorer une planche de Batman: Year One où le héros, face à une chauve-souris, fait sonner une clochette pour appeler Alfred et lui faire part de se décision d’être Batman (Ill.9).

The First Truth of Batman

The First Truth of Batman.

Batman: The Return of Bruce Wayne #4

Batman: The Return of Bruce Wayne #4, par Grant Morrison

Au même titre, le scénariste se sert de cette intertextualité pour expliquer la double nature du héros, à la fois justicier et démoniaque. En effet, au fil de cette série, Bruce Wayne croise à plusieurs reprises le futur Docteur Hurt, dont on découvre alors qu’il est immortel et qu’il a traversé les époques. Mieux encore, son véritable nom nous est révélé: Nathaniel Wayne. Celui qui se présentait dans «Batman R.I.P.» comme le véritable père du héros s’avère effectivement en être un ancêtre. Un ancêtre maudit, qui plus est, par la femme que Bruce Wayne tentait de protéger lors de sa venue à l’époque coloniale: «A curse on you, Nathaniel Wayne! My curse on you and all your kin! Until the end of time!2» De fait, la réaffirmation de Batman rejoint l’idée de la reconstruction du genre superhéroïque puisqu’elle porte en elle le souvenir de sa mise en crise: le héros a en lui une origine trouble qu’il doit assumer, la mémoire d’une défaillance qui participe à sa résurrection.

C’est la raison pour laquelle le livre qu’il écrit pendant son épopée constitue la réponse à ses précédents Dossiers Noirs. Par sa valeur testimoniale, celui-ci constitue à la fois la reconnaissance d’une histoire, la preuve d’une origine et le retour de la raison qui mettent fin au doute exprimé alors. Écrit des mains de Bruce Wayne, le livre symbolise une maîtrise de soi-même qui joue subtilement avec la forme de destinée que laisse entendre le récit. En effet, étant donnée la manière dont le héros laisse des indices préparant son choix d’être Batman, les auteurs semblent aux premiers abords l’inscrire dans une forme de destinée, la chauve-souris, la clochette n’étant finalement pas le produit du hasard. En cela, le motif du voyage temporel semble caractériser l’aspect inaliénable de l’arrivée de Batman. C’est la conclusion à laquelle aboutira l’un des ancêtres de Bruce Wayne: «For there was nothing of chance that night and all of a subtle, terrifying design. A blueprint sketched in lines of circumstance that converged there, sowehow, in the unfinished house of Wayne and Van Derm. What could I do but surrender to its gravity?3» Pourtant, à l’inverse d’une destinée habituelle, celle-ci ne provient de l’extérieur, elle n’a pas une quelconque origine divine; au contraire, elle est produite des mains de l’homme, de Bruce Wayne lui-même, et renforce sa maîtrise dans le choix d’être Batman, perçu non plus comme une fatalité, mais bien comme une décision. Et peut-être est-ce là la conclusion de cette renaissance: la maîtrise, le choix raisonné de l’homme, celui-là même que le titre de la série met en évidence à défaut de son alter ego superhéroïque.

 

L’évolution du genre superhéroïque: le salut par l’écriture réflexive?

De l’écriture vacillante à la reconstitution du souvenir par la chronique, les livres de Batman offrent les bases d’un discours réflexif sur le superhéros et l’évolution de son genre. Loin d’une simple déchéance qui viserait à l’extinction d’une telle figure, ils en apportent une nouvelle tendance: la reconstruction qui contient en elle le souvenir de la mise en crise. Why do we fall? demandait en écho le héros dans les films de Nolan. Le collier de la mère de Bruce, régulièrement représenté dans ces récits, figure ces deux mouvements complémentaires. Ce collier dont les perles jaillissaient au moment de sa mort sert en effet de métaphore graphique pour suggérer un fil narratif à reconstituer, une ligne symbolique du propre ouvrage de Morrison. Dans «Batman R.I.P.», il est représenté sous la forme morcelée d’éclats de perle qui signifient à eux seuls l’écriture de la dispersion du scénariste ainsi que la crise que subit le héros. Or, dans The Return of Bruce Wayne, la parure réapparaîtra dans son aspect originel, recousue, reconstruite, présentée comme un bijou de famille qu’il s’agit de transmettre de génération et génération. 

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2morts_resurrections6.png, par Sarah Grenier-Millette

Il suit en cela le mouvement même du héros, atteignant sa valeur métadiscursive dans un épilogue de «Batman R.I.P.» qui, paru après la sortie de The Return of Bruce Wayne, sert explicitement à faire le lien entre les deux arcs. On y retrouve ces perles qui cette fois, malgré leur dispersion, semblent reliées par un fil invisible et dont l’encart textuel annonce la future matérialisation (Ill.10): «It was time. Time is pliable. As I stayed in place, he manipulated whole centuries around me. I was locked into a spinning cage of events. Coincidences. Blood lines. Connections.4» Par ce discours, dès lors, le projet de Return of Bruce Wayne devient explicite: œuvre des origines, œuvre de la reconstruction et de la légitimation.

Aussi le collier sert-il à inscrire les deux arcs dans un même dialogue et renvoie aux deux facettes d’un métadiscours qui leur est commun. Les inventions que Morrison a mises en place dans «Batman R.I.P.» trouvent en effet leur résolution et leur finalité dans The Return of Bruce Wayne, soulignant là la cohérence d’une continuité qui lui est propre. L’origine du docteur Hurt, par exemple, qui se proclame père de Bruce Wayne, y est expliquée comme une demi-vérité, puisque, effectivement, le personnage est un ancêtre du justicier, effectivement, il fait partie de la lignée des Wayne. Et de surcroît, au même titre que les auteurs réexploraient une scène de Batman: Year One, le retour de Bruce Wayne dans les années trente va permettre de revisiter une intrigue esquissée dans l’arc précédent. Ainsi, les photographies compromettantes du couple Wayne présentées dans «Batman R.I.P.» trouvent leurs origines dans une secte qu’a fondée le docteur Hurt à cette époque. On le voit évoquer alors un coup monté contre les parents de Bruce Wayne, filmant des individus déguisés qui ont pris leur apparence. En cela, la mise en crise de Batman par la déchéance de ses origines trouve une explication qui fonde la spécificité du parcours de Morrison sur ces séries.

Mieux encore, ce travail de connexion fonde les particularités de la lecture de comics de superhéros. En effet, le genre superhéroïque reposant sur une dynamique sérielle, il est assez habituel qu’un élément perturbateur exposé dans un chapitre trouve sa résolution dans un autre numéro. Or, ici, Morrison exagère le processus et complexifie l’acte de lecture. Par exemple, les photos de Martha et Thomas Wayne sont évoquées pour la première fois dans Batman n°677, en juillet 2008, tandis que les circonstances de leur existence seront expliquées dans le cinquième épisode de The Return of Bruce Wayne publié en novembre 2010, soit plus de deux ans après le déclenchement de leur événement et, qui plus est, dans une autre série. Et de fait, les connexions que métaphorise Morrison avec les perles du collier sont autant d’indices d’une lecture qui se réalise à travers la mise en conjointure de différents comics, complexifiant et explicitant en même temps une pratique vieille de plusieurs décennies. Le motif du voyage temporel lui permet de plus d’approfondir cette idée: en effet, au fur et à mesure que Bruce Wayne laisse des indices dans le passé, ceux-ci apparaissent dans les séries parallèles qui s’occupent du présent diégétique de l’univers de Batman, telles la cape que le héros laisse dans la grotte à la préhistoire ou encore la boîte qui contient ses chroniques. En cela, le voyage temporel thématise les processus engagés dans la lecture de comics de superhéros, ces derniers étant marqués par leur interdépendance, qu’on lise les aventures d’un seul personnage ou de l’ensemble de l’univers auquel il appartient.

Cette pratique a certes des objectifs économiques évidents, cependant, au-delà, elle permet de montrer comment l’écriture réflexive de Morrison peut trouver un aboutissement en épousant les codes éditoriaux de l’industrie pour laquelle il travaille. Multiplier les trajectoires de lecture dans différentes temporalités et séries permet en cela de bouleverser la chronologie diégétique des événements et d’en provoquer une appréhension forcément morcelée et multidirectionnelle. L’acte de lecture, ainsi rendu complexe, devient donc le miroir de la crise du héros, mais aussi peut-être son salut, par la démonstration d’une fiction et d’une écriture de plus en plus sophistiquée.

En cela, l’exemple du travail de Morrison sur Batman est riche en perspectives, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il permet de montrer en quoi l’étude esthétique d’un superhéros implique deux approches différentes puisqu’elle relève d’un regard croisé entre une analyse du personnage en tant que tel et une analyse de la réinterprétation qu’en fait l’auteur. Dès lors, le superhéros affiche une multiplicité de masques et de visages, ces derniers étant parfois contradictoires selon les dimensions exploitées par les créateurs. Les arcs narratifs de Morrison relèvent du méta en ce qu’ils explicitent cette prolifération de figures. Les livres de Batman sont chacun symboliques d’un pan de ce métadiscours, qu’ils servent à rendre un hommage par la réaffirmation du genre ou à problématiser le statut du héros. Batman et The Return of Bruce Wayne évoquent des œuvres comme Planetary qui jouent sur une sérialité réflexive par le morcellement, l’alinéariré de la narration d’un épisode à un autre, et par le désir de complétude. En cela, le travail de Morrison sur Batman reflète cette littérature rétrospective: par un mouvement perpétuel sur soi et sur son histoire, elle interroge, à travers l’intertextualité et l’autocitation, les modalités de représentation du genre superhéroïque, attirant de plus en plus l’œil du lecteur vers l’acte de narration aux dépens mêmes de l’aventure superhéroïque.

 En brisant l’illusion référentielle du récit, la réflexivité marque la fin de l’innocence d’une fiction justement reconnue comme telle, mais celle-ci ne se conçoit pas forcément sous son versant négatif. En effet, ce métadiscours possède également une valeur de légitimation: légitimation d’un genre, de son histoire et des auteurs qui y ont contribué. Mieux encore, il prend acte du mûrissement d’un genre à priori éternellement naïf et revendique l’impossibilité pour le superhéros d’être représenté dorénavant sous sa forme stéréotypée. L’intertextualité au sens large dont procèdent les récits constitue l’aveu de ce parcours. Références, allusions, hypertextualité, transfictionnalité: autant d’outils qui mettent en évidence l’histoire du superhéros et la mémoire d’une fiction que désormais, il n’est plus possible de traiter et de lire au premier degré.

Les livres de Batman ont donc une fonction ostentatoire de révélation, une valeur d’explicitation directement liée aux objectifs de la métafiction: «The parodist/metafictionist, using an etablished mode of fiction, lays bare the conventions that individual works of the mode share.5» Par là, le –méta possède cette spécificité d’exposer le fonctionnement du genre superhéroïque en interrogeant ses origines et sa pérennité. Car la réflexivité du superhéros par le retour sur son histoire n’est jamais qu’une manière d’interroger l’avenir de cette figure, réflexion qui lui incombe puisqu’elle n’existe que par sa perpétuelle contemporanéité avec le lecteur. Dans sa série suivante, Batman Inc., Morrison poursuivra cette réflexion, non plus seulement dans sa dimension chronologique, mais également géographique. Le héros y parcourt en effet le monde pour former de nouveaux «Batmen», capables d’assurer la sécurité du monde entier.

Les livres mis en abyme dans l’univers de Batman concrétisent une tendance métafictionnelle qui, si elle touchait jusqu’à présent les intrigues de superhéros inédits ou des aventures «hors-continuité», envahit désormais les péripéties des justiciers dans leur version officielle. Elle dévoile alors une diversité de manières de concevoir leur histoire et leur longévité comme autant de systèmes de représentation. Par la systématisation et l’exagération de pratiques qui leur préexistent, celles-ci offrent un regard idéal par lequel observer l’évolution du genre auquel elles appartiennent: elles nous en offrent une perception inédite, la lettre même d’une fiction tentaculaire, aux multiples paysages et identités.

 

Bibliographie

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MORRISON, Grant, DANIEL, Tony, Batman: R.I.P. (Batman n°676-683), New York, DC Comics, 2010, 224p.

MORRISON, Grant, SPROUSE, Chris, IRVING, Frazer, et al., Batman: the Return of Bruce Wayne, New York, DC Comics, 2012, 232p.

MORRISON, Grant, DANIEL, Tony, Batman n°701, New York, DC Comics, 2010, septembre

MORRISON, Grant, DANIEL, Tony, Batman n°702, New York, DC Comics, 2010, octobre

BARTHES, Roland, «Littérature et méta-langage», Essais critiques, Paris, éditions du Seuil, coll. «Points Essais», 1964, pp.110-111

BARTHES, Roland, S/Z, Paris, éditions du Seuil, coll. «Tel Quel», 1970, 227 p.

DÄLLENBACH, Daniel, 1977, Le récit spéculaire: Essai sur la mise en abyme, Paris, éd. Seuil, coll. «Poétique», 247 p.

GABILLIET, Jean-Paul, Des comics et des hommes: histoire culturelle des comic books aux Etats-Unis, 2005, Nantes, éditions du temps, 478 p.

PAVEL, Thomas, Univers de la fiction, Paris, éditions du Seuil, 1988, 210 p.

WAUGH, Patricia, Metafiction: the theory and practice of self-conscious fiction, Londres, New York, Routledge, coll. «New accents», 1984, 176 p.

  • 1. «Le livre qui a sauvé ma misérable vie était un journal écrit par un pèlerin chasseur de sorcières du nom de Mordecai en 1640. Sauf que ça devait être un faux. Le papier se cornait, c’est sûr, mais l’écriture de Mordecai était moderne tout comme la manière dont il assemblait les mots. Et j’ai pu sentir littéralement la chaleur de mon corps s’écouler par mes semelles lorsque j’ai compris pourquoi il y avait quelque chose de familier dans ce que je lisais. C’était ma propre écriture.» (Trad. Khaled Tadil)/ MORRISON Grant, SOOK Ryan, PEREZ Pere, The Return of Bruce Wayne n°5, New York, DC Comics, 2010, novembre
  • 2. «Sois maudit, Nathaniel Wayne! Je te maudis, toi et toute ta famille! Jusqu’à la fin des temps!» (Trad. Khaled Tadil)/MORRISON Grant, IRVING Frazer, The Return of Bruce Wayne n°2, New York, DC Comics, 2010, juillet
  • 3. «Car ce n’était pas la chance cette nuit, mais un subtil et terrible destin. Une esquisse en lignes convergentes, vers la lignée des Wayne et des Van Derm. Que pouvais-je faire, si ce n’est en subir la gravité?»/MORRISON Grant, JEANTY Georges, The Return of Bruce Wayne n°4, New York, DC Comics, 2010, septembre
  • 4. «C’était le temps. Le temps est flexible. Alors même que je me tenais immobile, il faisait tourner des siècles entiers autour de moi. J’étais enfermé dans une cage d’événements qui tournoyaient. Des coïncidences. Des lignées. Des connexions.» (Trad. Khaled Tadil)/MORRISON, Grant, DANIEL, Tony, Batman n°702, New York, DC Comics, 2010, octobre
  • 5. WAUGH, Patricia, Metafiction, 1984, p.72