postmodernisme

Méridien de sang et La route, symptôme d’une perte d’humanité

Dans un monde actuel où toute violence est occultée, irrecevable, la violence inaugurale des populations primitives est impressionnante et empreinte de ce que nous concevons comme étant une cruauté pure. Il est alors inconcevable que le monde américain, s’étant autoblanchi aujourd’hui de toute violence, ait pu fonder son pays dans une cruauté considérable. Cormac McCarthy, avec son œuvre «Méridien de sang» (McCarthy, 1985), démolit le mythe de la conquête véhiculé à travers les imageries western du courageux cowboy et du «bon sauvage».

Motifs de la vie littéraire à la mort du romancier: figures de l’auteur dans le roman policier

Soumis par Paul Bleton le 09/06/2015
Catégories: Crime, Fiction

Très tôt dans son histoire, l’énigme, fondement du genre policier, incite à machiner deux registres: la double histoire (celle du récit de l’enquête, où l’enquêteur part de l’énigme pour aller vers la solution, ce qui déplie celle du crime lui-même et remet dans l’ordre motivations, opportunité et modus operandi du criminel apparus dans l’ordre inverse à la lecture du récit de l’enquête) et la narration réticente (le lissage romanesque du récit de l’enquête dissimule la disparité des connaissances que personnages et lecteur peuvent avoir de l’histoire du crime).

Tabagisme et rhétorique publicitaire

Mad Men Smoking
Catégories: Idéologie, Télévision

La notion moderne de culture populaire dans le champ des sciences humaines émerge de manière problématique au cours du XIXe siècle et sera le sujet d’une discussion centenaire, laquelle entraînera une indistinction progressive des notions de haute et basse culture. Dans cette analyse, nous aborderons tour à tour deux œuvres issues de notre culture populaire postmoderne: le premier épisode de la série télévisée Madmen; ainsi qu’un épisode tiré de la septième saison de South Park et intitulé Butt-out.

Effets de miroir ; effets de lecture. La maison des feuilles, de Mark Z. Danielewski

Catégories: Fiction

Le récit hyper métafictionnel qu'est La maison des feuilles pose dès le début sa construction complexe et labyrinthique. L'auteur américain Mark Z. Danielewski s'amuse avec l'aspect formel de l'oeuvre, en utilisant une grande variété de ressources. Ce qui ressort le plus (outre l'utilisation de différents caractères, de couleur, de biffage, d'onomatopées, de symboles, d'espaces, de formes, etc.) est sans contredit l'utilisation de notes en bas de page.

The Cabin in the Woods (2). De l'horreur cosmique au gothico-postmodernisme

«Evil Dead Meets Truman Show», disait, lors d’une conférence de presse, l’acteur principal pour présenter The Cabin in the Woods. À quoi il faudrait ajouter «Meets Chtulhu» pour rendre compte (spoiler alert!) du troisième tournant de ce jeu métahorrifique. Car la mise à mort des jeunes est en fait, littéralement, un sacrifice humain destiné aux Grands Anciens. Nous retrouvons là, bien entendu, l’horreur cosmique du Maître de la modernité gothique américaine, H. P. Lovecraft, avec sa crainte paranoïde du retour du refoulé à l’échelle de malveillantes divinités cosmogoniques, figure ultime du «ganz Andere» théorisé par Rudolf Otto.

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