Cinéma

Sous le velours la guerre!

Catégories: Fiction, Cinéma

La mise en scène d'un bungalow dès la séquence initiale de Blue Velvet (1986) de David Lynch le montre sans ambages: le bungalow est l'expression par excellence du rêve américain, utopie naïve reposant sur des valeurs toutes simples, pour ne pas dire simplistes, parmi lesquelles on note l'autonomie, la sécurité, la simplicité, la domestication de la nature, la famille, la prospérité, etc. C'est dire que le bungalow et la banlieue qu'il incarne sont les révélateurs d'une axiologie ancrée à même les assises de l'imaginaire américain.

L’imaginaire du plus commun dans l’œuvre de Stéphane Lafleur

Catégories: Fiction, Cinéma

La banlieue, territoire de prédilection de Stéphane Lafleur, prend l’allure d’un territoire sauvage à coloniser, un no man’s land traversé par les autoroutes, bordé par les champs et ponctué de boisés pour aller se perdre. Ses deux films, Continental, un film sans fusil (2007) et En terrains connus (2011), mettent en scène une esthétique du plus commun, avec en son centre le bungalow. Lafleur y fait l’inventaire de ce qui pourrait constituer l’ordinaire dans le cinéma québécois contemporain.

La randonnée sauvage d’un portrait de famille dans À l’ouest de Pluton

Catégories: Fiction, Cinéma

Plusieurs œuvres sur la banlieue la présentent sous l’angle du noyau familial en perdition: les préoccupations des parents sont superficielles, la mère a une aventure avec le voisin, le fils se drogue en cachette. Chacun vit seul avec ses secrets. Dans cette vision stéréotypée qu’incarnent Desperate Housewives ou Vice Caché, plusieurs adolescents, lorsqu’ils s’expriment, critiquent le mode de vie de leurs parents et affichent clairement leur haine de la banlieue.

Voir un film aujourd'hui

Soumis par Samuel Archibald le 01/10/2012
Catégories: Cinéma

Samuel Archibald, écrivain, professeur à l'UQAM au Département d'études littéraires et cofondateur du site Pop-en-stock, observe les mutations dans la culture populaire. Cette semaine, il réfléchit sur la notion de voir un film aujourd'hui. On rend le film de plus en plus portable, échangeable et lisible sur différents supports, parfois aussi petits que l'écran de notre téléphone. Pourtant, on maximise l'aspect spectaculaire de la projection pour ramener les gens vers le plaisir des salles : écrans ultra-géants, son ambiophonique, 3D, etc.

 

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Samuel Archibald

De l'Auteur à l’Horreur: de l'influence du cinéma de Michelangelo Antonioni sur la métahorreur (le cas Dario Argento)

La scène se situe à New York en 1955. Le jeune William Castle, producteur, réalisateur, se rend au cinéma en compagnie de son épouse. Il ne s’attend pas à voir, devant la salle, et sous une pluie battante, des centaines de jeunes gens faisant la queue pour voir un film français sous-titré: Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot. La salle est comble, les conversations fusent. Ce n’est ni la réputation de Clouzot ni même la présence d’une Simone Signoret bientôt oscarisée au générique qui permettent d’emporter un tel élan, mais la rumeur persistante qui fait des Diaboliques un film propre à vous glacer le sang.

Le Cinéma Reaganien (1)

Catégories: Idéologie, Cinéma

«Voilà près de trente ans que je soutiens que Hollywood est un sommet de l’art du XXe siècle, que nombre d’histoires, de situations et de dialogue imaginés par cette entreprise miraculeuse et souvent anonyme sont dignes d’un Homère, d’un Shakespeare, d’un Balzac [...]. Hollywood, «marché des rêves». Sans doute —mais pourquoi pas? N’est-il pas merveilleux qu’on puisse au moins se payer des rêves? Quoi qu’en pense le triste et sot moralisme, c’est grâce à Hollywood que des millions d’hommes ont pu satisfaire leur soif d’une vie imaginaire.» (M.-A. Rigoni, Éloge de l’Amérique)

Hiroshi Toda, cinéaste à contre-courant

Catégories: Cinéma

Fils de la démocratisation numérique du cinéma, le Japonais Hiroshi Toda appartient au type de réalisateurs que même le plus aventureux des cinéphiles ne croise que rarement, pour ne pas dire jamais. Non pas parce que la qualité de ses films leur ferme les portes des festivals internationaux, mais plutôt parce qu’ils tournent le dos aux logiques de l’industrie cinématographique. Toda est animé par un désir de créer et non d’être vu, son cheminement étant celui d’un artiste nullement motivé par des ambitions de fortune ou de notoriété.

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