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Une époque éventrée. La société victorienne dans From Hell

Catégories: Crime, Bande dessinée

L’époque victorienne est généralement apparue, dans l’histoire britannique, comme une période très positive, tant en progrès techniques qu’en avancées sociales. La mort de la reine semble conclure cette période prospère: «Victoria Ire, reine de Grande-Bretagne et d’Irlande, […] rendait son dernier soupir, au terme du règne le plus long et le plus glorieux de l’histoire d’Angleterre» (Bédarida: 119).

Justiciers masqués et médias de masse

Tous genres, littéraires ou paralittéraires, arrivent un jour à une totale codification qui limite l’œuvre dans un carcan oppressant. S’ils veulent évoluer, ils doivent parvenir à poser un discours critique sur eux-mêmes, et ainsi se déconstruire, afin d’avancer de nouveau dans différentes avenues. C’est d’ailleurs le cas des superhéros de bande dessinée, qui ont connu une grande crise dans les années 1980, après plus de cinquante ans d’existence.

Morts et résurrections : Les livres de Batman (2)

The Return of Bruce Wayne constitue un travail de la reconstitution, réponse directe au précédent story-arc de Grant Morrison. Le titre de cette œuvre est d’emblée paradoxal, mettant en avant l’identité civile du justicier et non pas son alter ego, comme il est habituel dans le comic de super-héros. Cela peut s’expliquer par le fait que, dans le présent diégétique, c’est Dick Grayson, ancien Robin, qui a repris le costume de Batman, laissant supposer que le héros continue d’exister, quel que soit l’individu qui en porte le masque.

Morts et résurrections : Les livres de Batman (1)

En juillet 2010 paraît le premier numéro de la série limitée The Return of Bruce Wayne, point d’orgue du parcours du scénariste Grant Morrison sur l’univers de Batman. L’histoire s’ouvre sur une représentation de Bruce Wayne, au sortir d’une grotte, devant les yeux d’une tribu d’hommes préhistoriques (Ill.1). Le héros y apparaît torse nu et amnésique, incapable dans un premier temps de parler un langage intelligible.

Remember, remember, the 5th of November — aux sources iconographiques de l’hacktivisme contemporain

Je ne me propose pas ici de faire une critique sauvage des membres d’Anonymous, j’aurais bien trop peur que mon ordinateur explose. Je ne voudrais pas non plus tourner en dérision l’emploi du masque de Guy Fawkes par les membres d’Occupy et autres Indignados, parce qu’il me semble se jouer là quelque chose de trop important pour le réduire, dans le rôle du vieux grincheux prématuré, à un effet de mode. Comme tout geek qui se respecte, cependant, je suis spontanément irrité lorsqu’une chose que je connais bien est recyclée à grande échelle par des gens qui, je le soupçonne, la connaissent moins bien que moi. C’est ce qu’on pourrait appeler le syndrome du t-shirt des Ramones.

Gunm et V pour Vendetta: des sociétés dépassées

Umberto Eco a très bien montré, dans son chapitre «le mythe de Superman», que ce superhéros emblématique existe à l’intérieur d’une société temporellement figée afin qu’il puisse régler infiniment des crises momentanées où rien ne change vraiment en profondeur. Ce schéma représentatif marquant une période de la bande dessinée permet d’éviter les critiques d’une société, qui demeure (comme le personnage principal) inchangée.

Autocritique des superhéros

C’est une méthode classique pour le prophète de malheur que d’annoncer la chute de X, n’ayant pu survivre à la charge critique de Y et/ou de Z. Que ce soit l’éventuelle fin du roman ou du superhéros, prédire la ruine est un pari gagnant puisque même s’il se fourvoie, l’énonciateur y aura passé, ne serait-ce qu’un instant, pour un fin critique. 

Dark Knight et Persépolis: figures du rebelle

Bien que la bande dessinée fût souvent considérée comme un médium dont la fonction principale est de divertir, son univers compte pourtant plusieurs bédéistes animés par la volonté d'utiliser la riche tribune que propose le mariage du texte et de l'image afin de dénoncer les ratés des mouvements sociaux de l’Histoire.

Watchmen vs Superman. L'évolution du superhéros

«La postmodernité n’est pas un mouvement ni un courant artistique. C’est bien plus l’expression momentanée d’une crise de la modernité qui frappe la société occidentale, et en particulier les pays les plus industrialisés de la planète. Plus qu’une anticipation sur un futur qu’elle se refuse à envisager, elle apparaît surtout comme le symptôme d’un nouveau "malaise dans la civilisation". Le symptôme disparaît progressivement. La crise reste: elle tient aujourd’hui une place considérable dans le débat esthétique sur l’art contemporain.»

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