Superhéros

Judge Dredd ou les charmes ambigus du super-fascisme

C’est en mars 1977 que, à l’instigation de l’éditeur Pat Mills, le scénariste John Wagner et le dessinateur Carlos Ezquerra créèrent le personnage qui allait redéfinir les comics britanniques, l’inexorable Judge Dredd. Un an après le mythique Anarchy in the UK qui marqua «l’Année Zéro» du mouvement punk et deux ans avant l’élection de Margaret Thatcher comme première ministre tory, Judge Dredd allait symboliser ce complexe entre-deux qui changerait définitivement l’histoire du Royaume-Uni.

Le super-héros: l'évolution d'un élément réparateur dans un monde chaotique

De la première moitié du XXe siècle jusqu’à nos jours, les bandes dessinées de superhéros subissent une véritable évolution, non seulement au niveau de leur structure narrative, mais également au niveau de la caractérisation de leurs personnages. Si les chercheurs en littérature ou en sémiotique ne consacrent pas suffisamment leur temps à l’étude des comics c’est parce que l’analyse de ce genre de corpus reste encore marginale. La raison est simple: les bandes dessinées n’appartiennent pas aux axes traditionnels d’études académiques.

Attention! Ce hackeur est un panda!

Anarchopanda est un hackeur. Pas parce qu’il fait partie d’Anonymous, pas parce qu’il répand des virus informatiques, et pas non plus parce qu’il pirate la musique de Britney Spears. Le professeur de philosophie, devenu la coqueluche du mouvement étudiant dans son costume de panda, est un hackeur parce qu’il manipule du code.

La révolte intérieure du super-héros: pourquoi Andy est mon (ex) justicier masqué préféré

On l’a constaté à la lecture des précédents articles de ce dossier, la figure du superhéros, qui avait déjà connu des tourments dans les années 1970 grâce à l’assouplissement de la dictature du Comics Code chez les éditeurs majeurs et par la parodie cinglante dans les underground comix, en a vraiment pris pour son grade pendant les années 1980.

Gunm et V pour Vendetta: des sociétés dépassées

Umberto Eco a très bien montré, dans son chapitre «le mythe de Superman», que ce superhéros emblématique existe à l’intérieur d’une société temporellement figée afin qu’il puisse régler infiniment des crises momentanées où rien ne change vraiment en profondeur. Ce schéma représentatif marquant une période de la bande dessinée permet d’éviter les critiques d’une société, qui demeure (comme le personnage principal) inchangée.

Autocritique des superhéros

C’est une méthode classique pour le prophète de malheur que d’annoncer la chute de X, n’ayant pu survivre à la charge critique de Y et/ou de Z. Que ce soit l’éventuelle fin du roman ou du superhéros, prédire la ruine est un pari gagnant puisque même s’il se fourvoie, l’énonciateur y aura passé, ne serait-ce qu’un instant, pour un fin critique. 

Dark Knight et Persépolis: figures du rebelle

Bien que la bande dessinée fût souvent considérée comme un médium dont la fonction principale est de divertir, son univers compte pourtant plusieurs bédéistes animés par la volonté d'utiliser la riche tribune que propose le mariage du texte et de l'image afin de dénoncer les ratés des mouvements sociaux de l’Histoire.

Watchmen vs Superman. L'évolution du superhéros

«La postmodernité n’est pas un mouvement ni un courant artistique. C’est bien plus l’expression momentanée d’une crise de la modernité qui frappe la société occidentale, et en particulier les pays les plus industrialisés de la planète. Plus qu’une anticipation sur un futur qu’elle se refuse à envisager, elle apparaît surtout comme le symptôme d’un nouveau "malaise dans la civilisation". Le symptôme disparaît progressivement. La crise reste: elle tient aujourd’hui une place considérable dans le débat esthétique sur l’art contemporain.»

La fatalité du recommencement

L’univers de la bande dessinée a longtemps été étiqueté comme étant destiné à un public enfantin. Pour certains, cet univers, qui afflue pourtant d’un nombre important de styles différents, autant graphiques que littéraires, est seulement synonyme d’œuvres comme Tintin, Archie ou encore des aventures "comico-cartoonesques" de certains vieux numéros de Batman. Plusieurs ignorent justement que la bande dessinée continue sans cesse d’évoluer et que plusieurs œuvres-clés possèdent une diégèse complexe, ciblant ainsi un public plus adulte.

La déchéance du superhéros

La bande dessinée américaine de superhéros a eu son lot d’intrigues linéaires et de personnages sans profondeur. Les années 80 ont par contre vu l’émergence d’œuvres importantes qui ont remis en question les conventions en offrant des réinterprétations majeures de la figure du justicier. Nous proposons de montrer comment Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons propose un univers trop complexe pour permettre l’existence de superhéros classiques.

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